3. L'âme apollinienne et l'âme faustienne
Spengler distingue huit grandes cultures (égyptienne, babylonienne, indienne, chinoise, mexicaine, arabe, antique, occidentale). Il se flatte d'avoir « découvert » la culture arabe et son âme « magique », mais c'est à la culture antique et à la culture occidentale, caractérisées respectivement par l'âme « apollinienne » et par l'âme « faustienne », qu'il réserve ses meilleurs développements. La manière dont est vécu et pensé l'espace fournit le « symbole originel » permettant de déchiffrer tous les symboles à travers lesquels se manifeste l'âme de chaque culture. Ainsi, l'âme apollinienne, qui répugne à l'illimité et s'attache à ce qui est clairement circonscrit, s'exprime dans la géométrie euclidienne, la statuaire, la tragédie, la Cité-État. L'âme faustienne, au contraire, s'épanouit dans les espaces illimités et les visées sans fin. La forme musicale de la fugue, les cathédrales dressées vers le ciel, la peinture à l'huile, le portrait, la perspective, le clair-obscur, le drame shakespearien, le calcul infinitésimal, les grandes explorations, les armes à longue portée, le télégraphe et le téléphone, l'État moderne, l'impérialisme politique et économique sont autant de manifestations de l'éternelle inquiétude qui pousse l'homme occidental à désirer l'inaccessible.
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