3. L'orthographe, système de représentation écrite des variétés de français et des variétés d'auteurs
Des variétés de français, liées aux diverses aires géographiques, ont coexisté, au cours de l'histoire, avec des formes communes de la langue. Ce sont les différentes évolutions linguistiques jointes à des facteurs socioéconomiques qui sont à l'origine des formes dialectales enregistrées dans les littératures périphériques. Les parlers d'auteurs de la seconde moitié du xxe siècle, dont l'étude est importante pour notre sujet, s'inscrivent dans ce patrimoine linguistique.
L'analyse de l'écriture des variétés de français fait apparaitre (orthographe rectifiée, Acad. franç.) des systèmes graphiques différentiels, en contraste avec la norme usuelle du français. Cette systématique est destinée à conférer une identité linguistique propre, perceptible non seulement à l'oral, mais transmise également par l'écrit. Les procédés de différenciation sont de deux types : ou la forme à transcrire présente un écart phonique dont la notation est parlante par elle-même ; ou la différence phonique n'est pas suffisante. Elle est alors compensée par des procédés de déformation de la norme graphique destinés à créer la différenciation. Ces procédés sont complémentaires, assurant au texte lisibilité et compréhension.
• Distinction graphique par la notation de différences de prononciations
Une alternance de prononciation, à l'initiale a/é (azité/hésité) caractérise le parler de l'Orléanais : J'ai azité avant d' vous acrire « j'ai hésité avant de vous écrire » (A. Gilbert, 1995). Le sarthois, tout en partageant l'alternance a/E (al/elle), se caractérise par une finale en /ṭ/ très ouvert, notée par l'accent grave : al tait point contrarièe « elle [n'é]tait pas contrariée » (É. Jacqueneaux, 1993).
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