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WELLES ORSON (1915-1985)

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4.  L'innocence des poètes

À cet égard, Vérités et Mensonges, à trente-trois ans d'intervalle, prolonge Citizen Kane, montrant que l'unité de l'œuvre est moins formelle que morale et métaphysique.

S'il y a unité de style à travers la diversité des films – c'est ce que nous pensons –, elle n'est pas apparente, elle embrasse les formes les plus éloignées (de Shakespeare aux thrillers). « Je ne veux pas que mes films soient dominés par le style. J'en ai un, je l'espère, ou plusieurs, mais je ne suis pas essentiellement un formaliste [...]. Un film ne signifie rien, à moins de rendre la poésie possible. »

Vérités et Mensonges, œuvre consacrée à un faussaire (Elmyr de Hory), est un film sur la mystification. Ici, tout le monde prend la place de tout le monde : le faussaire signe des tableaux de maîtres, le biographe devient célèbre en écrivant la fausse autobiographie d'un homme illustre. Welles, enfin, récupère les chutes d'un reportage de François Reichenbach pour construire son propre film (« Tout ce que je n'ai pas tourné, je l'ai pris dans une poubelle »). Qui est l'auteur ? Où est l'auteur ? Telle est peut-être la question qui conduit l'œuvre d'Orson Welles. À cette question il n'est pas de réponse satisfaisante. On ne peut que la déplacer. L'auteur est toujours ailleurs, la paternité douteuse : on ne maîtrise pas la création. Comme disait Renoir – le plus grand cinéaste aux yeux de Welles –, l'arbre qui dominera la forêt ne sait pas qu'il sera le plus grand. Retrouver cette ignorance – cette innocence – tel est le travail du poète, le secret de la création.

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Médias de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Citizen Kane, O. Welles La Splendeur des Amberson, d'O. Welles, 1942 La Dame de Shanghai, d'O. Welles, 1945 Orson Welles dans Mr. Arkadin, d'O. Welles, 1957 La Soif du mal, d'O. Welles, 1958 Le Procès, d'O. Welles, 1962

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