2. Les Oromo dans l'histoire éthiopienne
Fréquemment désignés par le nom à connotation péjorative de Galla, les Oromo ont longtemps été dépeints, dans la littérature historique des chrétiens d'Éthiopie ou dans les récits de voyageurs européens, comme des guerriers redoutables, des brigands, des rustres, des païens... En un mot, des barbares. Cette image tient aux conditions de leur apparition sur la scène historique éthiopienne.
Les premières mentions historiques des Oromo datent du milieu du xvie siècle, après la guerre dévastatrice menée par une coalition de principautés musulmanes contre le royaume chrétien d'Éthiopie. Aux confins méridionaux de cette zone de conflit, les Oromo commencent par occuper des territoires fragilisés et désorganisés. Mais il ne s'agit pas d'un simple mouvement d'expansion de nomades sur des terres disponibles. Les Oromo procèdent à une invasion massive et organisée. Ils suivent plusieurs directions selon des lignes de scission clanique. En quelques décennies seulement, ils encerclent les centres de pouvoir chrétiens et musulmans. Leur rapidité et leur combativité déstabilisent les armées adverses. À l'est, les musulmans sont submergés. À l'ouest, les chrétiens se retranchent derrière la profonde vallée du Nil, qui forme une ligne de front que les Oromo ne parviennent pas à franchir.
Progressivement, entre le xviie et le xviiie siècle, les Oromo s'installent sur les territoires conquis. Ils se sédentarisent sur des terres agricoles tout en développant une économie mixte où l'élevage tient une place importante. Les sociétés autochtones leur servent de main-d'œuvre. Celles-ci sont assimilées dans la structure sociale oromo et sont assignées à des statuts subalternes. En absorbant d'autres cultures et en pratiquant de nouvelles activités, les Oromo se transforment et se différencient. L'organisation en classes générationnelles s'efface et laisse la place à des chefferies héréditaires.
Étant très morcelées et concurrentes entre elles, ces chefferies oromo ne présenten […]
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