Compositeur anglais le plus proche (en son temps) de William Byrd par la diversité de sa production. Gibbons naît à Oxford dans une famille de musiciens qui choisit son prénom en hommage à Lassus
. Admis à douze ans dans le chœur de King's College, organiste à la chapelle royale dès 1605, virginaliste privé de Jacques Ier en 1619, organiste de l'abbaye de Westminster en 1623, il meurt prématurément deux ans plus tard à Canterbury, où la cour s'est rendue pour accueillir Henriette de France, épouse du nouveau roi Charles Ier. Anglican convaincu, Gibbons destina toute sa musique d'église au culte réformé ; il excelle aussi bien dans le genre polyphonique du « full anthem » (ainsi son célèbre Hosanna to the Son of David) que dans celui, plus moderne, inspiré du style concertant et faisant appel à des solistes, à un chœur, à un orgue et à des violes, du « verse anthem » (ainsi son extraordinaire This Is the Record of John, sur des versets de l'évangile de Jean). En ce domaine, mais aussi dans celui du madrigal (vingt-cinq pièces à cinq voix parues en 1612), il fut sensible à l'exemple italien. En musique instrumentale, il cultiva avec bonheur le virginal et l'orgue (une cinquantaine de pièces) ; mais c'est surtout sa musique de chambre pour violes qui fait de lui l'égal des plus grands. De ses trente-sept compositions à trois, quatre, cinq ou six voix, certaines, comme les fantaisies à quatre ou le premier « in nomine » à cinq, dépassent même les plus grands chefs-d'œuvre de Byrd. Il a laissé également, avec le madrigal Le Cygne d'argent (The Silver Swan), une des plus belles mélodies de tous les temps.
Son
Gaillarde «Lord Salisbury» Orlando Gibbons (1583-1625) Gaillarde «Lord Salisbury» (1613) Isabelle Sauveur, clavecin. Image: Trinity College, fondé à Dublin en 1592 par Élisabeth Ire d'Angleterre.
Crédits: Musique: © Koka Media
Image: © Tony Stone Images
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Marc Henri VIGNAL
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