10. Réactions autocatalytiques sur des surfaces minérales
Cette piste a été proposée par Günter Wächtershäuser (1994). En fait, il s'agit d'une véritable révolution, puisque l'auteur favorise un système autotrophe utilisant directement le dioxyde de carbone (CO2) comme source de carbone, à l'instar des plantes et de certaines bactéries. Ces organismes vivants primitifs sont décrits comme des molécules organiques autocatalytiques, chargées négativement, se développant sur des surfaces minérales de pyrite (FeS2) chargées positivement. Le réseau organique superficiel se forme à partir du dioxyde de carbone par réaction du fer ferreux (FeS) sur l'hydrogène sulfureux gazeux (H2S). De ce fait, il y a croissance simultanée du réseau organique et de la surface minérale, car de nouvelles molécules de pyrite sont formées en continu. Le départ des molécules organiques de la surface au profit de molécules mieux adaptées à la surface minérale permet au système d'évoluer en se perfectionnant.
La démarche réductionniste qui consiste à reconstituer une cellule rudimentaire en s'inspirant du vivant contemporain se heurte à l'écueil de la reconstitution des acides nucléiques, et en particulier du sucre ribose, qui paraît insurmontable. Les chimistes cherchent maintenant des systèmes plus simples pour lesquels l'information moléculaire et le mécanisme permettant d'en faire la copie sont portés par la même molécule. La vie primitive n'était vraisemblablement pas une cellule complexe, ni même un ARN, mais peut-être plus simplement une molécule autocatalytique à plusieurs sites A-B-C... capable de transférer son architecture en faisant, de temps à autre, de petites erreurs. Aux chimistes, maintenant, d'en démontrer la vraisemblance.
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