Le sigle O.N.G. apparaît pour la première fois dans la Charte des Nations unies de 1945. La version française de l'article 71 précise que « le Conseil économique et social peut prendre toutes dispositions utiles pour consulter les organisations non gouvernementales qui s'occupent de questions relatives à sa compétence. Ces dispositions peuvent s'appliquer à des organisations internationales et, s'il y a lieu à des organisations nationales, après consultation du membre intéressé de l'Organisation ». Ce faisant, la Charte distingue expressément deux catégories d'O.N.G. ; d'une part, les « organisations internationales non gouvernementales » (O.I.N.G.), d'autre part, les organisations non gouvernementales locales, dont l'accréditation officielle dépend de l'aval de l'État, ce qui introduit d'emblée une hypothèque sur leur statut. Même si la portée de l'article 71 instituant un statut consultatif est limité au champ de compétences du Conseil économique et social, les O.N.G. vont jouer un rôle important dans l'ensemble du système des Nations unies et au-delà dans toute la vie internationale. Les O.N.G. sont aujourd'hui des acteurs majeurs des relations internationales auprès des États et des organisations intergouvernementales, qui restent formellement les seuls sujets du droit international – « sujets primaires » dans le cas des États, « sujets secondaires » dans le cas des organisations internationales nées de la volonté des États. Face à ces deux sujets identifiés et reconnus, les O.N.G. forment une nébuleuse, dont la diversité et la complexité vont de pair avec l'absence de définition juridique ou de statut commun.
Si l'expression O.N.G. est récente, le phénomène est beaucoup plus ancien. À côté des relations entre entités politiques, notamment les États, se sont toujours développées les activités privées et les initiatives individuelles les plus diverses. Il suffit de penser aux ordres religieux, aux œuvres caritatives, aux sociétés savantes ou aux compagnies privées. Au xixe
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