Tout au long des huit années de la guerre d'Algérie, tant du côté algérien que du côté français, et pour les innombrables tendances de chacune des parties, la multitude des sigles est une des particularités du conflit. Au combat armé répond le combat des slogans, des manifestes, des mouvements. C'est sur les trois lettres qui baptisent l'Organisation de l'armée secrète que s'achèvera cette guerre des sigles. Dernière-née, en effet, l'O.A.S. est l'organisation qui, du côté des partisans de l'Algérie française, survivra à toutes les décisions officielles, y compris, un temps, aux accords d'Évian.
Mise sur pied selon les formules d'une organisation militaire qui se veut représentative et officielle, mais ne peut être que par les moyens de la clandestinité, l'O.A.S. n'est ni un parti politique (des hommes qui n'ont pas les mêmes options s'y retrouvent) ni un mouvement idéologique, mais plutôt, sous l'impulsion d'hommes qui ne sont pas sans aspirations politiques ou idéologiques, un point de rencontre où civils et militaires se retrouvent, pour des raisons d'intérêt ou d'honneur, de passions partisanes ou d'attachement affectif, dans la même révolte. Cette conjonction de bonnes volontés désintéressées et d'ambitions déçues, de civils désemparés et de « soldats perdus » ne pouvait constituer une organisation efficace dans ses buts. Non seulement le processus de décolonisation, mais aussi l'impossibilité d'une union dans les esprits comme d'une unité dans l'action devaient fatalement aboutir à l'échec de l'O.A.S.
C'est après la « semaine des barricades » que Pierre Lagaillarde donne au regroupement de diverses organisations antigaullistes, comme le Front pour l'Algérie française et France-Résurrection, le nom d'Organisation de l'armée secrète ; créateur du sigle, Lagaillarde n'aura guère d'autre rôle dans l'O.A.S., qui, à sa naissance, avec Susini, Canal et Pérez, est surtout l'affaire des civils. Au lendemain du putsch d'avril 1961, le chef en sera le général Salan, qu'a re […]
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