1. Auteur
À la fin de 1752, Gluck, né en Bavière, s'installe à Vienne après divers séjours en Bohême, en Angleterre, en Italie, en France. Il a alors composé une vingtaine d'opéras, tous en italien, et adapte pour le public viennois des opéras-comiques français, quand un événement décisif scelle sa destinée : il rencontre en 1761 l'Italien Ranieri de' Calzabigi, diplomate, ami de Casanova, littérateur, éditeur des œuvres de Métastase, librettiste... De leur collaboration va naître une réforme de l'opéra, illustrée par deux chefs-d'œuvre, Orfeo ed Euridice (1762) et Alceste (1767).
2. Genre - Opera seria «réformé»
Avec Orfeo, Gluck rompt avec les conventions de l'opera seria classique, trop structuré avec ses 20 ou 30 scènes, où le compositeur s'efface derrière les caprices de l'interprète, où l'action repose sur les récitatifs, où les émotions sont confiées aux airs et dont les livrets sont d'une rare complexité avec leurs nombreuses intrigues secondaires. Gluck introduit la continuité dramatique, construit de longues scènes élaborées en fonction de la psychologie des personnages et opère une synthèse entre l'opéra italien et l'opéra français.
3. Forme
Cette œuvre, écrite pour trois personnages principaux (Orphée, Eurydice, l'Amour), comporte des duos, des trios, des chœurs, omniprésents (celui des démons est célèbre), mais, et il s'agit d'une révolution, plus de recitativo secco, c'est-à-dire de passages déclamés accompagnés très légèrement par quelques accords de clavecin. Elle connaît deux versions, en italien et en français : Orfeo ed Euridice, créé en 1762 à Vienne, est sous-titré «azione teatrale per musica» ; Orphée et Eurydice, sur un nouveau livret de Pierre-Louis Moline, créé à Paris en 1774, est une «tragédie-opéra».
4. Esthétique
À partir de 1773, Gluck se partage entre Vienne et la cour de Versailles. Il crée à Paris, sur des livrets en français, Iphigénie en […]
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