Plutôt qu'un ordre, l'ionique est un style : on n'y retrouve guère la rigueur normative de l'ordre dorique, la codification des formes y est beaucoup moins marquée et les variantes géographiques sont considérables. Entre l'ionique des Cyclades, qui se plaît aux petits bâtiments parés de moulures ciselées, et celui de la côte d'Asie Mineure, où l'influence de l'Orient se manifeste par des temples colossaux à double colonnade et décor de reliefs abondant, le dénominateur commun est surtout un même état d'esprit : le goût pour la sveltesse des formes et pour l'ornementation, où la fantaisie inventive de l'architecte peut se donner libre cours. À tous les niveaux de l'élévation — base, chapiteau, pied et sommet des murs, frise — le décor peut être plus ou moins développé ; des moulurations secondaires — souvent ténues — peuvent également s'intercaler pour souligner les lignes ou rythmer les surfaces. Cet ordre si souple, le malheur veut qu'on en connaisse bien mal les dialectes : dans les Cyclades, les bâtiments ont tous presque complètement disparu et c'est seulement depuis peu que se précise, grâce à des recherches archéologiques très minutieuses, l'image de cette architecture sim […]
