5. Les nouvelles tendances
Depuis la fin des années 1940, nous avons assisté, de la part des compositeurs, à une très nette évolution dans la manière de concevoir l'écriture pour orchestre. Cette évolution est due à deux facteurs principaux : d'une part, les contraintes économiques, d'autre part, les techniques électroacoustiques et les nouveaux instruments.
Les contraintes économiques sont très différentes suivant les pays, car les coûts de fonctionnement d'un orchestre symphonique sont très élevés (cf. musique, tabl. 8). Il en résulte que les recettes sont insuffisantes à l'entretien de l'orchestre. Deux cas se présentent alors. Ou il s'agit d'un pays dans lequel la musique fait partie de la culture et est considérée comme service public (en France et dans la plupart des pays d'Europe), ou l'orchestre doit rechercher des subventions plus ou moins privées et volontaires. Dans le premier cas, les contraintes économiques n'ont pas véritablement de conséquences esthétiques : les compositeurs peuvent continuer à écrire pour orchestre. Dans le second, au contraire, les organisateurs de concerts et responsables de programmes ont une très forte tendance à refuser toutes les œuvres dont le succès auprès du public n'est pas assuré. Il est obligatoire, en effet, d'obtenir des recettes aussi élevées que possible pour pouvoir justifier le montant des subventions indispensables qui ne sont, généralement, octroyées que sur justification d'un nombre d'auditeurs proche de celui qui correspond à la capacité de la salle de concert. Ainsi, les œuvres contemporaines ou modernes non encore consacrées par le public sont, sauf exception, toujours refusées. Les compositeurs actuels vivant dans les pays où existe ce genre de situation savent donc que leur chance de pouvoir se faire entendre est très faible lorsqu'ils écrivent pour orchestre. Et ils en viennent tout naturellement à rechercher des formations musicales plus économiques, allant des formations réduites (orchestres dits « de chambre […]
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