4. Instrumentation et orchestration
Écrire pour l'orchestre suppose chez le musicien à la fois un sens musical particulier (attaché à la perception des timbres et à leurs valeurs expressives) et une connaissance approfondie des divers instruments et de leurs possibilités. L'étude de la composition musicale, en plus des disciplines traditionnelles de l'écriture (harmonie, fugue, contrepoint), doit donc être complétée par celle de l'instrumentation et de l'orchestration. L'instrumentation est la connaissance, exigée de tout compositeur, des possibilités et des caractéristiques de chaque instrument. Ces possibilités sont surtout déterminées par les tessitures, puisque, à part quelques exceptions (piano, orgue, harpe), l'échelle des sons utilisés en musique n'est pas couverte par un seul instrument. En outre, indépendamment de la tessiture, il faut impérativement connaître l'existence de certaines contraintes. Ainsi, l'on doit savoir que la flûte peut être particulièrement volubile, qu'un violoniste ne passe pas facilement de telles notes graves à telles notes aiguës et que certains trilles sont, sur le trombone, d'une difficulté pratiquement insurmontable. Dès le xviiie siècle, des traités de musique « théorique et pratique » donnaient déjà des « tables de l'étendue des voix » qui renseignaient le compositeur sur les tessitures des instruments qu'il voulait employer. Les traités modernes d'instrumentation sont, évidemment, beaucoup plus complets. De plus, chaque instrument doit être étudié dans le détail et, faute de pouvoir en jouer lui-même, le compositeur doit en connaître les rudiments de la technique s'il ne veut pas courir le risque de commettre de graves erreurs.
C'est seulement à partir de la maîtrise parfaite dans le maniement des timbres et de la technique instrumentale que l'orchestration peut être pratiquée. En bref, celle-ci consiste à faire participer les timbres et la couleur sonore à la composition musicale à partir de l'aptitude que l'on peut avoir d'obtenir, à l'aide des éléments […]
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