Fondé en 1900 comme orchestre du Konzertverein, cet ensemble fusionne en 1914 avec un autre orchestre symphonique viennois, le Verein Wiener Tonkünstler Orchester. Il prend son nom actuel, Wiener Symphoniker, en 1919, mais les deux sociétés absorbées gardent leur indépendance dans l'organisation des séries de concerts.
Ferdinand Löwe en jette les bases entre 1900 et 1925. Parallèlement, le Tonkünstler Orchester est dirigé par Wilhelm Furtwängler (1919-1920) puis Clemens Krauss (1923-1924). Les chefs se succèdent alors sans qu'aucun ne marque véritablement l'orchestre de son empreinte : Rudolf Nilius et Leopold Reichwein (1927-1928), Oswald Kabasta, Hans Weisbach, Hans Swarowsky, Herbert von Karajan (1948-1949). Au cours des années 1950, il n'y a aucun chef permanent. Wolfgang Sawallisch est le premier chef de l'après-guerre qui parvienne à créer une continuité (1960-1970). Josef Krips perpétue la grande tradition viennoise (1970-1973) avant que l'orchestre ne décide d'opter pour une vocation internationale, en faisant appel à des chefs très différents qui enrichissent considérablement son répertoire et son style d'interprétation. Sous la direction de Carlo Maria Giulini (1973-1976), Guennadi Rojdestvenski (1981-1983), Georges Prêtre (1986-1991), Rafael Frühbeck de Burgos (1991-1996), Vladimir Fedosseiev (1997-2004) et Fabio Luisi (depuis 2005), celui qui a toujours été considéré comme le « petit frère » de l'Orchestre philharmonique de Vienne n'a plus à rougir de la comparaison.
On doit à cet ensemble la création d'œuvres d'Anton Bruckner (Neuvième Symphonie, 1903), Arnold Schönberg (Pelléas et Mélisande, 1905, sous la direction du compositeur ; Gurrelieder, 1913), Maurice Ravel (Concerto pour la main gauche, 1931), Karl Amadeus Hartmann (Première Symphonie, 1957), Berthold Goldschmidt (Ciaccona sinfonica, 1960), Boris Blacher (Poème, 1976), Jean Françaix (Concerto pour quinze solistes et orchestre, 1990)...
Alain PÂRIS
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