2. Plaire et impressionner
Les grands doivent apparaître comme des modèles de vertu chrétienne, même Henriette d'Angleterre, et des représentants de la saine politique d'État, monarchique et absolue (le roi assiste aux oraisons). Plaire, instruire, prêcher, impressionner, Bossuet sait bien parler, sans papier, guidé par l'art de la memoria. Son oraison, toujours construite selon les règles de la rhétorique (dispositio) s'appuie sur la parole en acte, sur la declamatio spectaculaire. Entre la brève sentence, l'épopée et le lyrisme, entre le portrait et le sermon, Bossuet sait varier les genres et donner à l'oraison un rôle central, qui accepte les genres en prose les plus élevés.
Toutefois, il ne s'agit pas d'être trop fleuri, de laisser place à une quelconque fantaisie ou surcharge dans la pensée ou dans l'expression : le style classique, cicéronien, triomphe, et la langue se doit d'être simple et claire, selon les canons en vigueur. Ainsi, et pour longtemps, on admira la pompe et la grandeur des oraisons : Malraux, en faisant d'autres oraisons, celle de Jean Moulin et de Jeanne d'Arc, eut toujours en tête son illustre modèle, même lorsqu'il eut à prononcer, sur les places venteuses, les périodes grandioses qu'il avait écrites.
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