6. Grandeur et fin de Delphes
Delphes connut sa période de splendeur entre 700 et 400. Elle eut depuis 582 des jeux quadriennaux. L'oracle fut célébré par Héraclite, Pindare, Hérodote, Platon, mis en discussion par Eschyle et Euripide. Il était au centre d'une amphictyonie qui ne fit rien pour fédérer la Grèce. Son unique souci fut de maintenir le domaine du dieu indépendant de la Phocide, ce qui causa plusieurs guerres sacrées. La dernière permit à Philippe de Macédoine de s'immiscer dans les affaires de la Grèce du Nord. Le prestige du sanctuaire fut grand à Rome, où l'on fit honneur à Apollon d'y avoir introduit les cultes de la Grande Mère et d'Esculape. Pillé par Sylla et Néron, le temple eut un renouveau de prospérité avec Domitien, Hérode Atticus, Hadrien. Plutarque vers 100 fut prêtre d'Apollon Pythien.
L'introduction du christianisme n'interrompit pas tout de suite l'activité de l'oracle. La divination cependant avait beaucoup de sceptiques, encore que le stoïcisme eût essayé de sauver l'interprétation des signes en la justifiant par l'hypothèse d'un accord préalablement établi par les dieux entre une série de faits présents et une série de faits à venir. Cicéron réfuta cette théorie dans son De divinatione, où il ne voit, dans la divination, qu'imposture, erreur et, au mieux, hasard. Brûlé en 302 par ordre de Dioclétien en compagnie d'ouvrages chrétiens, le livre de Cicéron, étudié en 1683 par Antoine Van Dale (De oraculis ethnicorum), fut utilisé par Fontenelle pour son Traité des oracles (1687). Les jeux pythiques disparurent à la fin du ive siècle. Les noms de Delphes et de Pythô tombèrent ensuite, pour des siècles, dans un oubli total.
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