3. Les oracles
Les inscriptions de Delphes ne consignent pas d'oracles et rien n'indique que le clergé en ait conservé dans ses archives. Les documents épigraphiques sûrs émanent des cités consultantes qui ont fait graver les oracles reçus, textes en prose ne comportant ni prédictions ni obscurités, relatifs surtout au rituel et aux possessions des dieux. La législation religieuse et pénale de Cyrène est entièrement attribuée à Apollon : entendons qu'elle a été rédigée à Cyrène et approuvée à Delphes. Les rares oracles versifiés retrouvés sur pierre, comme ceux de Magnésie du Méandre, sont des faux évidents. Des oracles en vers sont au surplus sortis de Delphes, rédigés de la sorte par une pythie ou un prophète son porte-parole, ou par les chresmologues qui abondaient autour du temple. Sont entièrement en vers les oracles inclus dans des histoires composées comme des tragédies, où un avertissement du dieu est mal compris par un consultant trop sûr de lui. Ces romans oraculaires sont toujours référés au passé. Hérodote, historien du passé, relate une centaine d'oracles dont beaucoup comportent une leçon de sagesse et de modestie. Le sceptique Thucydide et le pieux Xénophon, historiens de leur temps, en ont chacun cinq seulement pour la période qu'ils décrivent.
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