3. Polarisation rotatoire
• Description expérimentale
On a vu qu'un cristal n'est pas biréfringent pour la lumière qui se propage suivant son axe optique. En général, il ne modifie pas l'extinction lorsqu'on le place entre polariseurs croisés. Cependant, certains cristaux rétablissent la lumière dans ces conditions : tel le quartz. Le phénomène diffère de celui observé avec une lame biréfringente sur deux points :
– il n'est pas modifié par une rotation de la lame dans son plan, alors qu'une lame biréfringente produit l'extinction lorsque ses lignes neutres coïncident avec P et A ;
– on peut rétablir l'extinction, en lumière monochromatique, par une rotation de l'analyseur d'un angle convenable θ.
Ces faits s'interprètent en admettant que la direction d'une vibration lumineuse rectiligne qui traverse la lame de quartz tourne d'un angle θ indépendant de l'orientation primitive de la vibration. L'angle de rotation est proportionnel à l'épaisseur l de la lame de quartz. On a :

[θ] est une constante caractéristique du cristal, appelée pouvoir rotatoire spécifique. Elle est égale à 210 mm-1 pour le quartz éclairé avec la lumière jaune du sodium. Selon que, pour l'observateur qui reçoit la lumière, la rotation θ a lieu dans le sens des aiguilles d'une montre ou en sens inverse, le pouvoir rotatoire est dit droit ou gauche, le corps dextrogyre ou lévogyre.
Le phénomène se rencontre dans des cristaux autres que le quartz avec des valeurs différentes de [θ] et aussi dans des milieux fluides : liquides ou gaz purs (essence de térébenthine, vapeurs de camphre) et solutions (très nombreux composés organiques, parmi lesquels les sucres, l'acide tartrique). Dans le cas des solutions, la rotation est souvent proportionnelle à la concentration c :

La mesure du pouvoir rotatoire sert à déte […]
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