3. Les épigones
Un certain nombre de « petits maîtres » vont s'engouffrer à la suite d'Offenbach. Non sans talent, d'ailleurs : ils ont tous une formation classique – d'organiste, en général ; ce qui leur manquera, ce sera surtout le rythme, pas seulement celui de la musique, mais celui de la pièce, et un bon livret : Meilhac et Halévy, les librettistes d'Offenbach, ne se remplacent pas facilement.
Edmond Audran, né en 1842, laissera une Mascotte (1880) encore souvent jouée. Robert Planquette, né six ans plus tard, deviendra célèbre grâce à ses Cloches de Corneville (1877). Sur les trente-cinq opérettes de Louis Varney, Les Mousquetaires au couvent (1880) n'ont pas encore lassé le public, et on se souviendra longtemps des 28 Jours de Clairette (1892), de Victor Roger.
Mais le compositeur de l'après-guerre de 1870 est Charles Lecocq. La guerre a changé le goût du public ; nous n'en sommes plus aux envolées irrévérencieuses et éblouissantes du trio Offenbach, Meilhac et Halévy ; on veut de la gaieté, certes, mais sentimentale et morale. Lecocq est l'homme de la situation : partitions bien construites, sens de la mélodie... mais il y manque un grain de folie. Il aura la chance de profiter d'un livret de Clairville, original, bien situé à l'époque du Directoire, et qui donnera La Fille de Mme Angot (1872). Avec Meilhac et Halévy, il trouvera le ton d'un Petit Duc (1878), d'une très grande élégance d'écriture.
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