3. Origine et évolution des Artiodactyles et des Périssodactyles
Dès le début du Cénozoïque, au Paléocène, on peut distinguer deux lignées parmi les Mammifères : la première, avec les Créodontes, conduira aux Carnivores actuels : la seconde, avec les Condylarthres, aboutira à l'ensemble des familles modernes d'herbivores et d'omnivores. La frontière est cependant incertaine et des controverses ont toujours lieu sur la position systématique qu'il convient d'attribuer à tel ou tel Mammifère cénozoïque.
Phenacodus, Condylarthre d'apparition tardive (Paléocène supérieur), contemporain d'Équidés déjà différenciés, est resté assez peu évolué pour fournir une bonne image de ce que devait être le stock originel d'où sont issus les Périssodactyles et les Cétartiodactyles : Phenacodus était un animal de la dimension d'un tapir, dont les dents mâchelières, pourvues de tubercules reliés par des crêtes, étaient déjà bien adaptées à la mastication des végétaux. Les pattes, antérieures et postérieures, étaient terminées par cinq doigts, chacun muni d'un petit sabot.
Dès l'Éocène, on trouve dans de nombreux gisements, aussi bien américains qu'eurasiatiques, des formes marquant une différenciation simultanée entre les Périssodactyles et les anciens Artiodactyles.
Mis à part le nombre et la disposition des doigts, il est important de noter qu'un os au basipode du membre postérieur, l'astragale, a une structure nettement différente chez les Périssodactyles et chez les anciens Artiodactyles, et cela dès l'origine des deux lignées. Chez les Périssodactyles, la partie proximale de cet os, en forme de poulie, est embrassée par l'extrémité du tibia, alors que la partie distale inférieure présente une surface plane qui interdit toute souplesse d'articulation entre l'astragale et le pied. Par contre, chez les anciens Artiodactyles, la partie inférieure de l'astragale est arrondie, de telle sorte que des mouvements de rotation peuvent s'accomplir aussi bien entre tibia et astragale qu'entre ce dernier os et le pied. […]
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