8. Applications de la découverte des gènes du cancer à la cancérologie
Potentiellement nombreuses, certaines applications de la découverte des gènes du cancer à la cancérologie ne se réaliseront sans doute qu'à moyen ou à long terme. L'application la plus immédiate concerne la possibilité, sur la base de l'identification d'un gène dont les altérations prédisposent à une forme familiale de cancer, de distinguer dans une famille les individus porteurs de la mutation. Ces individus à risque une fois identifiés peuvent faire l'objet d'une surveillance particulière qui permet le diagnostic et le traitement précoces. La valeur de l'information ainsi obtenue peut cependant être très variable selon la pathologie considérée. Ainsi, dans le cas des enfants qui appartiennent à une famille affectée du syndrome de Li-Fraumeni, et qui sont porteurs d'un allèle muté du gène p53, tout ce que les connaissances actuelles permettent de prévoir est que ces enfants ont 50 p. 100 de risques de présenter une tumeur, dont la localisation précise est imprévisible, avant l'âge de trente ans. Cet exemple extrême illustre un des types de problèmes éthiques qui peuvent être soulevés par la connaissance d'un risque génétique individuel.
Une autre application potentielle concerne le typage des tumeurs sur la base des oncogènes qu'elles expriment ou des gènes suppresseurs qui leur manquent. On pressent que ces informations devraient utilement compléter, voire supplanter la description clinico-pathologique classique. Il faut cependant reconnaître que, en raison probablement de la multiplicité des événements génétiques possibles, cet objectif reste problématique (cf. génomique). En effet, en 2008, on évalue à plus d'un milliers le nombre de gènes qui, soit oncogènes, soit gènes de susceptibilité, participent à la cancérogenèse.
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