5. Les anti-oncogènes ou gènes suppresseurs de tumeurs
La découverte des proto-oncogènes et de leurs mécanismes d'activation en oncogènes a constitué une étape essentielle dans la compréhension de l'oncogenèse. Cependant, un certain nombre d'observations sur des cellules tumorales ou transformées en culture suggéraient l'existence d'autres gènes cellulaires dont les mutations pourraient être impliquées dans l'apparition des tumeurs. Par exemple, il est possible de faire fusionner ensemble deux cellules en culture de façon à obtenir un hybride cellulaire qui renferme l'ensemble des chromosomes des deux cellules. De tels hybrides cellulaires réunissant le patrimoine génétique d'une cellule capable de former des tumeurs par greffe sur animal à celui d'une cellule normale non tumorigène sont très souvent non tumorigènes, aussi longtemps qu'ils conservent la totalité des chromosomes des deux cellules initiales. Autrement dit, la non-tumorigénicité est génétiquement dominante par rapport à la tumorigénicité. Si la tumorigénicité cellulaire était uniquement déterminée par l'activation de proto-oncogènes en oncogènes, on s'attendrait au résultat inverse, puisque le génome de la cellule tumorigène apporte à l'hybride les oncogènes activés qu'il est supposé renfermer et qui devraient déterminer de façon dominante le comportement de la cellule hybride (cf. hybridation).
Ces observations ont été complétées ultérieurement par celles qui portent sur le transfert dans une cellule tumorigène d'un seul chromosome provenant d'une cellule normale. Par exemple, le transfert d'un chromosome 11 humain normal dans une cellule tumorigène dérivée d'une tumeur rénale de Wilms lui fait perdre sa tumorigénicité. Il semble donc qu'il existe dans les cellules normales des gènes dont l'activité contrebalance celle des oncogènes activés, et qu'on appelle, pour cette raison, gènes anti-oncogènes ou, mieux, gènes suppresseurs de tumeurs.
L'identification d'un premier gène suppresseur de tumeur a en fait été rendue possible par l […]
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