3. Activation de proto-oncogènes en oncogènes dans les tumeurs
L'étude épidémiologique des cancers humains a conduit à la conclusion que, dans 60 à 80 p. 100 des cas, l'apparition d'un cancer est favorisée, ou provoquée, par un facteur de l'environnement. Dès la fin du xviiie siècle, le médecin anglais sir Percival Pott avait pu établir une corrélation entre l'exposition aux goudrons produits par la combustion de la houille et les cancers du scrotum observés chez les ramoneurs. Il est bien connu également que l'exposition prolongée aux rayons ultraviolets de la lumière solaire est un facteur de risque pour le développement de tumeurs épidermiques, qui apparaissent dans les régions du corps exposées au soleil. De même, la relation entre cancers et radiations constatées chez les premiers radiologistes utilisant les rayons X est bien établie. En outre, l'utilisation des modèles animaux avait permis d'identifier de nombreuses substances chimiques qui provoquent l'apparition de cancers très divers. On savait que les rayons ultraviolets ou les hydrocarbures polycycliques présents dans les goudrons provoquent dans la structure de l'ADN des cellules exposées des lésions qui, si elles ne sont pas réparées par des enzymes dites de réparation, ont un effet mutagène.
C'est encore l'usage de la transformation cellulaire in vitro qui a permis de franchir un pas de plus dans l'identification des mécanismes de l'oncogenèse. Il est en effet possible de transférer dans un fibroblaste de souris non transformé (lignée cellulaire NIH3T3) de l'ADN de haut poids moléculaire extrait d'une cellule transformée ou tumorale. On voit alors apparaître, avec une faible fréquence au cours de ces expériences de transfection, des cellules transformées porteuses d'un gène provenant de la cellule tumorale initiale. Grâce aux méthodes du génie génétique, l'identification d'un gène transfecté responsable de la transformation est possible. Une des premières expériences de ce type, réalisée simultanément en 1982 par We […]
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