La promotion 1915 de West Point a compté trente futurs généraux dans ses rangs, parmi lesquels Dwight Eisenhower et Omar Bradley. Celui-ci, fils d'instituteur, né dans le Midwest, décida d'entrer à l'Académie militaire américaine pour des raisons financières. Sorti sous-lieutenant en 1915, il ne voit le feu qu'en... 1943, alors qu'il est déjà général de brigade. Sa carrière a été jusque-là celle d'un administrateur et d'un enseignant : tactique, mathématiques, armement. Mais il a la confiance du général George Marshall dont il a été l'adjoint à l'école d'infanterie de Fort Benning. Il passe d'ailleurs tout le début du conflit à organiser la formation des dizaines de milliers d'officiers dont les États-Unis vont avoir besoin pour mener l'effort de guerre.
En 1943, Marshall, alors chef d'état-major de l'armée de terre, l'envoie en Afrique du Nord comme aide de camp d'Eisenhower. Bradley est ensuite nommé en Sicile sous le commandement de George Patton, dont il trace dans ses Mémoires (traduits par Boris Vian) un portrait à la fois féroce et admiratif. Il le décrit descendant d'une jeep ornementée d'énormes étoiles, deux colts à crosse d'ivoire lui battant les cuisses, trucul […]
