Critique aux Cahiers du cinéma, Olivier Assayas réalise des courts-métrages et devient scénariste, d'abord avec son père, auteur à la télévision, puis avec Laurent Perrin (Passage secret, 1985), André Téchiné (Rendez-vous et Le Lieu du crime, 1985-1986), Lam Lê et Liria Begeja pour des films non encore tournés au moment où il réalise Désordre (1986), son premier long-métrage. D'entrée, il infléchit le genre du « film de jeunes » (musique, fin d'adolescence et chassés-croisés amoureux) vers la vision très dure d'une génération désenchantée dont la cohésion se brise aux premières difficultés. Le cinéaste approfondit ce schéma narratif et thématique dans ses quatre films suivants, même s'il sait varier l'intensité de ses histoires, mettre parfois davantage l'accent sur le contexte (Paris s'éveille, 1991) ou au contraire se concentrer sur la psychologie (L'Enfant de l'hiver, 1988), insister sur la solitude (Une nouvelle vie, 1993) ou saisir les prémices de la constitution possible d'un couple (L'Eau froide, 1994). Une terrible angoisse tenaille des jeunes déboussolés, traqués par une caméra incisive dans un monde hostile. Assayas donne ainsi une image de son époque qui, reprise ou conjuguée à divers temps et à plusieurs modes, servira de base à un très grand nombre de films du nouveau cinéma français de la fin des années 1990.
L'auteur cherche alors de nouvelles voies d'inspiration et explore trois genres différents. Racontant le tournage d'un remake des Vampires de Louis Feuillade interrompu par un émouvant réalisateur (qu'incarne Jean-Pierre Léaud), Olivier Assayas prend à sa manière le contre-pied de l'éternelle crise du cinéma français : Irma Vep (1996) est réalisé en un mois avec un tout petit budget et avec la présence de Maggie Cheung, icône des films de Hong Kong qui deviendra d'ailleurs la compagne du cinéaste. Celui-ci consacre dans la foulée un documentaire à Hou Hsiao-Hsien le grand cinéaste taïwanais. Fin août, début septembre (1998) aborde un « standard » du cinéma national, le film ch […]
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