Frère mineur, de la tendance des « spirituels », né à Sérignan, en Languedoc, mort à Narbonne. Après des études à Paris, Pierre Jean Olivi (ou Olieu) commence à enseigner en 1270 et fait ses débuts dans la littérature théologique par des commentaires sur les quatre livres des Sentences de Pierre Lombard. Il y exprime ses aspirations joachimistes et s'y déclare partisan du respect rigoureux de la règle de pauvreté de l'ordre franciscain. En 1279, il publie son Tractatus de paupere rerum usu, où il interprète ce principe d'une manière extrêmement rigoriste. Il demande que le précepte de la pauvreté soit obligatoire même pour les évêques.
En 1282, après l'examen des écrits d'Olivi par des docteurs et des bacheliers de Paris, trente-quatre de ses thèses sont censurées. En 1285, le chapitre général de Milan condamne ses œuvres et stigmatise le théologien comme le chef d'une secte superstitieuse. Deux ans plus tard, le chapitre général de Montpellier réhabilite Olivi et approuve ses idées. En 1289, il est promu à la chaire de théologie de Montpellier. Après sa mort, il est de nouveau condamné au concile de Vienne.
En 1317, l'ouvrage principal d'Olivi, intitulé Super Apocalypsim, est dénoncé par le pape Jean XXII comme hérétique et comme portant atteinte à l'unité de l'Église et à l'autorité pontificale. Dans cet ouvrage, Olivi expose ses théories eschatologiques, inspirées de Joachim de Flore. Il distingue sept périodes dans l'histoire de l'Église ; le sixième âge est celui de la défaite de l'Église charnelle et de la renaissance spirituelle opérée par saint François, qui rétablit le principe de la pauvreté apostolique. Olivi a exercé une influence considérable sur le mouvement des bégards et des béguines et sur les fraticelles.
Edina BOZOKY
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