2. Notion d'oligoélément
Les progrès de l'analyse chimique conduisirent à la mise en évidence de nombreux autres éléments et à leur détermination quantitative.
La question s'est donc posée de savoir quels étaient ceux dont l'existence dans tous les organismes, végétaux et animaux, permettrait de les envisager comme des constituants normaux. Dès 1937, Gabriel Bertrand considérait comme démontré qu'en plus des onze éléments qualifiés de plastiques (C, H, O, N, P, S, K, Na, Ca, Mg, Cl) dix-huit métalloïdes et métaux étaient trouvés d'une manière constante en petites proportions : fluor, brome, iode, bore, arsenic, silicium, fer, zinc, cuivre, nickel, cobalt, manganèse, aluminium, plomb, étain, molybdène, vanadium et titane.
C'est à ces éléments, très peu abondants mais toujours présents dans les tissus, que Gabriel Bertrand a donné le nom d'oligoéléments. Ainsi, l'arsenic étant trouvé et dosé dans tous les organismes végétaux et animaux, même dans ceux qui sont pêchés au large dans les océans, loin de toute contamination résultant des activités humaines, ce métalloïde peut être rangé parmi les oligoéléments, car son existence apparaît comme « tout à fait générale, indépendante à la fois des temps et des lieux, des espèces et des tissus ». Le terme a donc un sens précis et plus restrictif que trace elements en anglais et Spurenelemente en allemand, termes qui peuvent s'appliquer à tous les éléments-traces rencontrés « aussi çà et là, dans les deux règnes d'êtres vivants, mais pas d'une manière constante ».
Il n'implique pas qu'un rôle, ou une fonction, ait été déjà reconnu, ni même, à la limite, qu'un tel rôle doive être nécessairement découvert.
Cependant, certains organes, ou certaines parties d'organes, paraissaient concentrer tel ou tel oligoélément : ainsi le fer, le zinc, le cuivre, le manganèse, dans certaines régions du grain de blé, spécialement dans le germe ; le zinc dans les glandes annexes de l'appareil génital même. De tels faits suggéraient une signification fonc […]
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