L'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (B.T.C.), du nom des trois villes clés de son tracé, permet d'acheminer le pétrole de la mer Caspienne, depuis l'Azerbaïdjan vers le grand port du sud-est de la Turquie, Ceyhan, via la Géorgie, puis de l'exporter sur les marchés mondiaux, évitant ainsi la Russie, l'Iran ou le passage par la mer Noire.
Ouvrage majeur de génie civil, le B.T.C. a nécessité un assemblage de 150 000 sections de tube de 12 mètres de longueur. Son poids total est de 594 000 tonnes pour une longueur totale de 1 760 kilomètres, dont 445 kilomètres en Azerbaïdjan, 245 kilomètres en Géorgie et 1 070 kilomètres en Turquie. Il traverse plusieurs chaînes de montagnes, atteignant une altitude de 2 830 mètres, croise 3 000 routes et voies ferrées, réseaux publics, enterrés ou aériens, ainsi que 1 500 cours d'eau dont certains, comme le fleuve Ceyhan en Turquie, ont jusqu'à 500 mètres de largeur. Il est composé de huit stations de pompage, deux stations intermédiaires de relayage et 101 postes de vannes d'arrêt. Pour le rendre moins vulnérable au sabotage ou tout simplement au vol, en plus de la présence de patrouilles dans chaque pays, il a été décidé son enfouissement qui s'est achevé en 2007. La section du tube est de 1 070 millimètres sur sa plus grande longueur, et 865 millimètres à l'approche de Ceyhan.
L'espérance de vie de l'ouvrage est estimée à 40 ans. Sa capacité nominale d'acheminement est d'1 million de barils par jour. Sa construction, qui a coûté 4 milliards de dollars et a employé près de 15 000 personnes, a commencé en septembre 2002. Les premiers volumes de pétrole ont été injectés dans le pipeline à Bakou le 10 mai 2006 pour arriver à Ceyhan le 28 mai 2006, puis exportés en juin 2006. Son inauguration officielle a eu lieu le 13 juillet 2006.
Le tracé du B.T.C. souligne l'importance géopolitique de la Turquie, tout en réduisant la pression que le transport pétrolier par mer fait peser sur les détroits du Bosphore et des Dardanelles. En Géorgie, non seulement l'oléoduc B.T.C. profite à l'économie (1,5 p. 100 du revenu national) mais il doit renforcer l'indépendance du pays vis-à-vis de l'influence russe.
Pays enclavé, l'Azerbaïdjan y gagne une connexion aux marchés internationaux de l'énergie, de même que ses voisins riverains de la mer Caspienne, à l'image du Kazakhstan qui projette de se relier au B.T.C. pour exporter vers l'Ouest ses propres productions.
Enfin, l'oléoduc B.T.C. doit contribuer significativement à satisfaire l'expansion de la demande pétrolière mondiale. Dessiné pour réduire la dépendance des États-Unis pour leur approvisionnement en pétrole vis-à-vis du Moyen-Orient, le B.T.C. évite, au prix d'un tracé plus long et plus difficile, des zones dont la traversée pourrait, d'un point de vue géopolitique, rendre son exploitation plus complexe ou moins sûre.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



