L'astronome danois Ole Römer démontra en 1676 que la vitesse de la lumière n'était pas infinie.
Ole Christensen Römer (ou Rømer, ou Roemer) naît le 25 septembre 1644 à Århus, dans le Jutland. En 1672, il s'établit à Paris, où il va passer neuf ans à l'Observatoire royal. Le directeur de cette institution, l'astronome franco-italien Jean-Dominique Cassini, cherche à cette époque à utiliser les éclipses périodiques des satellites galiléens de Jupiter (découverts en 1610 par Galilée) comme horloge universelle pour la navigation. Cassini et ses collaborateurs découvrent que le laps de temps qui sépare les occultations successives d'un même satellite (par exemple Io) présente une irrégularité liée à la position de la Terre sur son orbite. Le temps qui s'écoule entre deux éclipses de Io diminue ainsi à mesure que la Terre se rapproche de Jupiter et s'allonge quand notre planète s'en éloigne. Cassini envisage un temps que ce phénomène résulte de la nature finie de la vitesse de propagation de la lumière, puis rejette cette hypothèse. En 1676, Römer annonce que l'éclipse de Io prévue le 9 novembre se produira dix minutes après l'heure qui a été déduite des éclipses antérieures. Les faits ayant confirmé sa prédiction, il explique que la vitesse de la lumière est telle qu'il lui faut vingt-deux minutes pour parcourir le diamètre de l'orbite terrestre (la valeur exacte est en réalité égale à dix-sept minutes). Mais, comme la distance de la Terre au Soleil est alors très mal connue, il ne cherche pas à déterminer la vitesse de la lumière. Dans son Traité de la lumière (1690), Christiaan Huygens utilisera l'idée de Römer pour évaluer la vitesse de la lumière : il obtiendra une valeur raisonnablement proche (212 000 kilomètres par seconde) de la valeur réelle (très précisément égale à 299 792,458 kilomètres par seconde), l'écart provenant d'une surestimation du décalage temporel et du fait qu'il s'est appuyé sur le diamètre alors accepté de l'orbite terrestre.
En 1679, Römer s'embarque pour une mission scientifique en Angleterre, où il rencontre Isaac Newton ainsi que les astronomes John Flamsteed et Edmund Halley. De retour au Danemark en 1681, il est nommé mathématicien royal et professeur d'astronomie à l'université de Copenhague. À l'observatoire de cet établissement, il installe un instrument doté de cercles mobiles autour d'axes de hauteur et d'azimut ainsi qu'un télescope, qui permet de mesurer avec précision la position des objets célestes. Römer sera nommé bourgmestre de Copenhague en 1705. Ole Römer meurt dans cette ville, le 19 septembre 1710.
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