Fils de mineur de la région d'Ostrava, Oldřich Černík est ouvrier métallurgiste de 1937 à 1949. Il s'intègre alors dans l'appareil du Parti communiste — dont il est membre depuis 1945 — et dans celui de l'État de sa région, la Moravie du Nord ; à partir de 1954, il préside le conseil régional de celle-ci. Les remous politiques, économiques et sociaux de l'année 1956 le poussent en avant. Černik entre alors au secrétariat du comité central du parti, où il est chargé de l'Industrie. Cet homme nouveau ne consolide sa position qu'en 1958, quand il accède au comité central même. Il commence alors par correspondance des études d'ingénieur qu'il achève en 1964. En 1958-1959, leader avec Kolder du « groupe d'Ostrava », il prône tout naturellement une politique de décentralisation, de concert avec Novotny et Ota Šik. Malheureusement, le nouveau tournant antiyougoslave dans le mouvement communiste international redonne l'avantage aux gottwaldistes (staliniens) que sont Široky, Bacilek et Kohler. Ceux-ci reprennent du terrain à Novotny et remplacent le « révisionniste » Černik par un autre homme nouveau, Dubček (si Dubček est inconnu à Prague, il l'est beaucoup moins à Moscou).
Černik ayant affirmé ses talents d'organisateur de l'économie, on lui confie le ministère de l'Énergie et du Pétrole. En 1963, Novotny se débarrasse enfin de la « vieille garde » et Černik reprend son ascension, devenant en septembre vice-Premier ministre et président de la commission du Plan. En octobre 1964, il s'oppose avec Novotny au limogeage de Khrouchtchev et prépare en secret des mesures défensives en cas de sanctions économiques de la part de Brejnev. Centriste adroit, il ne s'attaque directement ni à l'hypercentralisation du plan ni au primat de l'industrie lourde avant juin 1966, lors du XIIIe congrès du parti. Élu alors au présidium, il comprend la nécessité d'en appeler à l'opinion publique pour faire cesser le sabotage de la réforme économique par les novotnystes, qui se sentent entraînés trop loin par l […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



