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OKYO MARUYAMA (1733-1795)

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3.  La réalisation d'un idéal

Aux approches de la trentaine, Ōkyo affirme une personnalité croissante dans sa fidélité au réel. De nombreux carnets et rouleaux de croquis révèlent une volonté aiguë d'objectivité : il ne s'y contente pas de saisir la morphologie animale et végétale, mais aussi – chose fort rare au Japon – l'anatomie humaine. Et toutes ces études servirent à créer des œuvres de tous formats et de tous genres.

Il excella dans l'e-makimono ou rouleau enluminé, très usité à l'époque d'Edo et resté des plus traditionnels. Sans le pratiquer beaucoup, Ōkyo y donna toute la mesure de son génie, tels les trois rouleaux Mampuku zukan (Malheurs et bonheurs, 1767). Cette œuvre, d'inspiration religieuse, fut dépouillée sous son pinceau de toutes les conventions propres à l'iconographie bouddhique, jusqu'à n'être plus qu'une froide observation à la manière d'un reportage.

Mais c'est dans la peinture de très grand format – paravents, portes, cloisons coulissantes – qu'Ōkyo s'illustra comme maître sans égal (exception faite de Kanō Sanraku), aussi puissant que prolifique. Tout l'art d'Ōkyo s'y résume : préférence donnée au paysage, au monde végétal et animal, éléments réalistes, sens remarquable de la composition, travail du pinceau aussi varié que parfait, raffinement des couleurs et des nuances.

Une expression réaliste dans une forme classique, un parfait équilibre entre tradition et renouvellement, telle est la manière d'Ōkyo. Elle est à l'image même du cadre où vécut l'artiste, c'est-à-dire du Kansai, ce conservatoire plus que millénaire de la culture japonaise autant que région économique de pointe, ce pays façonné par une société à la fois progressiste et consciente de son précieux héritage.

À sa mort, Ōkyo laissa quantité d'élèves qui continuèrent son œuvre. Mais ce fut Goshun qui comprit le mieux le sens de cet art et lui insuffla l'âme qui lui manquait.

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