5. L'adaptation à la vie aquatique chez les larves (naïades)
On les trouve dans toutes les eaux douces, stagnantes ou rapides.
Deux grands types correspondent aux deux sous-ordres des Odonates. Les naïades des Zygoptères (Calopteryx) sont minces et souples ; elles nagent grâce aux mouvements de leur abdomen. Celles des Anisoptères (Aeschna, Libellula) sont plus épaisses que les précédentes, leur corps est plus ou moins aplati ; elles se tiennent sur le fond dont elles adoptent la couleur et sont même parfois fouisseuses (Libellula, Orthetrum) ; elles se déplacent par réaction en expulsant l'eau de leur rectum.
La respiration des naïades se fait grâce à des trachéobranchies de forme et de disposition variables. Les naïades de Zygoptères possèdent à l'extrémité de leur abdomen trois lames foliacées qui jouent le rôle de trachéobranchies. Celles des Anisoptères, au contraire, sont dépourvues de trachéobranchies externes mais leur rectum, séparé de l'intestin moyen par un sphincter, est plissé et porte des lamelles branchiales au niveau desquelles se terminent les ramifications des trachées. Grâce à la musculature abdominale, l'eau est introduite dans l'ampoule rectale, puis rejetée. Mais l'opposition entre le système respiratoire des deux sous-ordres d'Odonates n'est pas aussi tranchée qu'on l'avait cru, car les Zygoptères possèdent aussi des branchies rectales limitées à trois bourrelets situés à la partie postérieure du rectum ; ces lamelles sont cependant fonctionnelles et semblent même jouer dans la respiration un rôle aussi important que les trois grandes branchies externes dont l'ablation n'entraîne jamais la mort de la naïade.
Les populations d'Odonates sont utilisés comme indicateurs biologiques de la qualité des milieux humides. Leur présence est un signe de bonne santé de l'écosystème ; la disparition de certaines espèces est indicative de l'appauvrissement de certains biotopes, voire de leur disparition.
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