2. Entre Mallarmé et Jean Cocteau
Le « grand visionnaire », que son ami Mallarmé enviait autant pour ses légendes raffinées que pour ses images, est maintenant entouré d'un nombre croissant d'admirateurs. La publication de sa correspondance montre qu'il était lié à tout ce que le monde de la littérature symboliste et de la peinture post-impressionnisme comptait de personnalités de valeur : on citera les noms de Pierre Bonnard, Jean Cocteau, Claude Debussy, Maurice Denis, Élie Faure, Paul Gauguin, Gustave Geffroy, André Gide, Remy de Gourmont, Francis Jammes, Charles Morice, Édouard Schuré, Émile Verhaeren, Ambroise Vollard, Édouard Vuillard... Le succès vint lorsqu'il fut invité, en 1886, et à plusieurs reprises ensuite, à participer à l'exposition du groupe des XX, à Bruxelles, lequel constituait alors la véritable plate-forme de l'avant-garde internationale ; dès lors, d'importantes collections s'ouvrirent aux œuvres de Redon, en France, en Belgique, en Hollande et en Suisse, et bientôt en Amérique. Pour exposer sa doctrine esthétique et défendre l'imagination poétique contre l'illusionnisme naturaliste et un impressionnisme superficiel, il travaille à l'élaboration de notes autobiographiques qui feront l'objet d'une publication posthume sous le titre À soi-même ; par ses qualités littéraires et artistiques, cette œuvre est tenue pour l'un des documents les plus remarquables du genre.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



