4. Impact du réchauffement climatique
Les glaces de l'Arctique disparaissent. L'observation systématique par satellite de l'océan Arctique montre que les surfaces couvertes par la glace ont diminué de 8 p. 100 depuis les années 1970. Le rétrécissement atteint de 15 à 20 p. 100 au cours des étés. En septembre 2005, repoussant le précédent record de 2002, la couverture de glaces arctiques est descendue à 5,1 millions de kilomètres carrés, alors qu'entre 1979 et 2000 le minimum annuel se situait en moyenne à 7 millions de kilomètres carrés. On observe aussi un amincissement significatif de la couche de glaces flottantes. L'épaisseur de la partie immergée, le « draft », qui était de 2 à 4 mètres avant 1976, se réduit à des valeurs comprises entre 1 et 2,30 mètres. Cette disparition progressive des glaces arctiques résulte, au moins partiellement, du réchauffement atmosphérique observé dans ces mêmes régions (0,38 0C par décennie depuis 1979, soit le double du réchauffement moyen sur l'ensemble du globe), avec des records pour toute la zone polaire en 2003, pour l'Alaska et une partie du Groenland en 2004. Les Inuit ainsi que les chercheurs constatent une nette avancée de la végétation aux dépens de la toundra. Cumulée avec l'allongement de la saison sans couverture neigeuse, cette tendance devrait, d'ici la fin du xxie siècle, au moins doubler la quantité d'énergie solaire absorbée pendant l'été. Certes, il ne faut pas négliger le rôle des oscillations interdécennales du climat. Lorsque les changements dans la circulation atmosphérique favorisent la pénétration de masses d'air chaud venant du Pacifique nord, la fonte des neiges sur la toundra de l'Alaska et de la Sibérie orientale commence au début plutôt qu'à la fin de mai, et la fonte des glaces s'accélère dans les mers de Beaufort et des Tchouktches. Les changements de régime des vents modifient aussi les courants qui font dériver les glaces dans l'Arctique.
Pour autant, la tendance reste significative. Avec le renforcement anthropique de l'effet de serre, la plupart des simulations du réchauffement climatique laissent prévoir une disparition totale des glaces de l'Arctique au cours des étés à partir des années 2070. Un tel processus facilitera les transports maritimes transarctiques et encouragera la prospection de pétrole et de gaz offshore.
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