9. Dénouement
Le Débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, s'accompagne, dans tout le pays, d'une mobilisation spectaculaire que la concentration maquisarde en Auvergne, autour du mont Mouchet, avait un peu anticipée. Elle dépasse toutes les attentes. Son épisode le plus connu, celui du Vercors, illustre, par son ampleur et sa fin tragique en juillet (plus de cinq cents morts), l'intensité de la période. Plusieurs régions sont en état de quasi-insurrection. Ces actions fragmentent encore davantage la Résistance. Le C.N.R. et ses composantes, par-delà leurs divergences, n'entendent pas abdiquer. De Gaulle a besoin de la résistance intérieure face aux Alliés. Beaucoup, toutes tendances confondues, craignent le désordre et une prise de pouvoir par le P.C., profitant du vide laissé par l'évaporation de Vichy et le départ de l'occupant.
En fin de compte, l'« union sacrée » prévaudra presque partout. Elle correspond aux aspirations d'une population qui se reconnaît dans de Gaulle et dans l'image d'une Résistance unie. C'est bien là l'aboutissement du processus qui a conduit les résistances à devenir « la » Résistance et à incarner la France. Cette France, qui entend s'inscrire dans la lignée de la République et des droits de l'homme, vient ajouter une nouvelle page aux mythologies politiques de la Patrie et de la Révolution. C'est pourquoi elle marque si fortement la mémoire collective que chacun, aujourd'hui, s'y réfère à plus ou moins bon escient.
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