2. La création des oasis
Il ne suffit pas d'expliquer comment on se procure l'eau dans telle oasis pour rendre compte de l'ensemble des problèmes géographiques que pose l'existence de cet espace intensivement cultivé au milieu d'étendues steppiques ou désertiques.
Dans les régions arides, une partie seulement des cours d'eau allogènes a fixé des oasis. Dans les régions sèches d'Amérique et d'Australie, mais aussi en Asie centrale, au Moyen-Orient et en Afrique, existent de nombreuses vallées qui auraient pu être transformées en oasis, même dans le cadre de techniques « traditionnelles » ; mais les eaux qui s'y écoulent n'ont pas encore fait l'objet d'une utilisation pour la culture. La possibilité de disposer d'eau en quantité abondante apparaît donc comme une condition nécessaire mais non pas suffisante pour expliquer la création des oasis. Il importe donc de porter une grande attention aux conditions historiques qui ont rendu possible la mise en œuvre de techniques culturales relativement intensives et perfectionnées.
Ces techniques variées ont été le fait de groupes humains caractérisés par des structures économiques, sociales, culturelles et politiques qui ont déterminé l'organisation méthodique et cumulative des efforts du groupe en fonction de finalités productives ; ce sont les « sociétés hydrauliques », pour reprendre l'expression chère à certains historiens. Ce problème, qui n'est pas spécifique des oasis, c'est celui que posent les grandes vallées tropicales. Celles de l'Asie des moussons en particulier sont aujourd'hui des espaces extrêmement peuplés et intensivement mis en valeur, car des techniques complexes assurant la maîtrise de l'eau ont pu être mises en œuvre sur de vastes étendues par des groupes nombreux et bien organisés ; en revanche, beaucoup de vallées de la zone intertropicale n'ont pas connu cette mise en culture intensive, et cela pour des raisons historiques complexes.
Les oasis qui n'ont pu être créées que par des travaux importants (travaux de […]
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