5. Problèmes bioéthiques de la transgenèse
Le problème éthique fondamental de la transgenèse est celui de savoir si l'homme peut s'autoriser à modifier génétiquement les organismes vivants pour quelque raison que ce soit. Très peu de gens s'opposent à une telle pratique en soi. Le contraire serait peu logique quand on considère toutes les modifications génétiques déjà apportées par la sélection classique.
La modification génétique des plantes ne pose pas les mêmes problèmes éthiques que celle des animaux, puisque les premières sont dépourvues de système nerveux et donc de souffrance au sens où on l'entend pour les animaux et l'homme.
Les animaux peuvent pâtir de la présence d'un transgène qui apporte une protéine nouvelle potentiellement capable d'agir sur eux. Par souci de simplification, il peut paraître utile de diviser les animaux en trois classes :
– Les animaux qui servent à des recherches fondamentales. Ils sont utilisés en nombre limité, sans but lucratif direct, et dans des conditions qui, par essence, ne permettent pas de prévoir les effets néfastes des transgènes.
– Les animaux donneurs d'organes ou producteurs de protéines médicaments. Ceux-ci peuvent souffrir de la présence du transgène de manière prévisible car reproductible. L'utilisation de ces animaux peut par ailleurs être lucrative pour les entreprises concernées.
– Les animaux d'élevage qui sont produits en grand nombre.
La tolérance sociale vis-à-vis de la souffrance éprouvée par ces animaux peut être relativement élevée dans la première catégorie, plus faible et au cas par cas pour la deuxième et nulle pour la troisième.
Les progrès effectués dans les techniques de transfert de gène aux animaux peuvent laisser penser que celui-ci deviendra possible pour l'espèce humaine. C'est, en principe, le cas depuis 1980, date à laquelle les toutes premières souris transgéniques ont été obtenues. Il sera sans doute un jour possible de réduire presque totalement les risques de la perturbation du génome que représente … ]
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