La découverte de l'AMP cyclique, en 1956, a marqué une très grande étape dans l'histoire récente de la biologie. Pour la première fois, on pouvait comprendre et reproduire dans le tube à essai le mécanisme moléculaire de l'action d'une hormone, comme le glucagon ou l'adrénaline. Depuis lors, les nucléotides cycliques ont largement dépassé leur rôle de « seconds messagers » hormonaux. Ils sont aussi impliqués dans toutes les régulations de la vie cellulaire, depuis les phénomènes les plus fondamentaux (différenciation et multiplication cellulaires) jusqu'aux plus spécialisés (olfaction, vision). Enfin, ils jouent un rôle majeur dans de nombreuses situations pathologiques et sont le point d'impact de nombreux médicaments.
L'histoire des nucléotides cycliques a commencé en 1956 quand Earl W. Sutherland (Prix Nobel en 1971) découvrit que l'action de l'adrénaline sur la production de glucose par le foie était « médiée » par un facteur soluble, thermostable, de petit poids moléculaire. Il identifiait en 1958 ce facteur comme un dérivé original de l'adénosine triphosphate, l'AMP cyclique. Très vite, il caractérisait les enzymes responsables de sa synthèse (adénylyl cyclase) et de sa dégradation (phosphodiestérase), et établissait les critères qui permettaient de l'impliquer comme médiateur ou « second messager » de l'action d'une hormone sur une cellule cible. Depuis lors, l'AMP cyclique, et à un moindre degré le GMP cyclique, est vite devenu le médiateur intracellulaire de toute une série d'hormones, le point d'impact intracellulaire étant toujours l'activation d'une kinase phosphorylant des protéines clés. Dans les années 1970, c'est surtout le fonctionnement du système de synthèse de l'AMP cyclique qui recevait le plus l'attention des chercheurs. En particulier, Martin Rodbell découvrait le rôle essentiel des protéines G liant le GTP et transmettant l'information hormonale du récepteur, situé à la face externe de la membrane d'une cellule, vers l'adénylyl cyclase à la face interne. Les années 1980, avec […]
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