4. Génie nucléaire et sûreté
Les réacteurs nucléaires ne sont pas les seuls ni même les plus importants ouvrages du génie nucléaire. Certains de leurs composants ont réclamé, pour leur mise au point, une industrie originale. Cela s'applique à l'élaboration de matières ou de métaux nouveaux : eau lourde, zirconium, mais surtout aux différentes phases de transformation du combustible nucléaire. Ces phases sont souvent appelées le cycle du combustible car, après passage dans le réacteur, le combustible usé, traité et purifié peut être réutilisé ou « recyclé » ; mais ce n'est pas obligatoire.
Une très grande attention a été portée, depuis le début de l'activité nucléaire, à la protection contre les risques spécifiques de ces activités : irradiation externe et contamination interne des personnes provenant d'incidents ou d'accidents sur les réacteurs ou les usines du cycle du combustible.
En matière de réacteurs, une doctrine s'est progressivement élaborée, fondée sur la notion de « défense en profondeur », appliquée à un système de barrières étanches successives interposées entre le combustible radioactif et l'homme. Dans le cas des réacteurs à eau, outre la gaine du combustible et les parois du circuit primaire, la troisième barrière consiste en un bâtiment étanche servant d'enceinte de confinement. Celle-ci est calculée pour contenir la radioactivité dans le cas extrême d'un accident très sérieux.
La défense en profondeur intervient pour assurer le maintien de l'intégrité de ces barrières dans toute séquence incidentelle ou accidentelle, qu'une analyse fouillée des conditions de fonctionnement permet de considérer comme un risque potentiel plausible. Elle s'applique dès la conception (caractéristiques intrinsèques favorables, redondance des systèmes de contrôle et de protection) à la construction (assurance de la qualité) et à l'exploitation. Une attention particulière a été portée à cette dernière, après l'accident de Three Mile Island
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