3. la transmutation des déchets
La transmutation est une méthode qui vise à réduire la très longue durée des risques associés aux corps radioactifs artificiels formés dans les réacteurs nucléaires (plutonium et autres actinides) en transformant ceux-ci en un ou plusieurs noyaux radioactifs de périodes courtes (typiquement quelques décennies). Elle implique une séparation chimique préalable non seulement du plutonium (comme c'est le cas actuellement avec le traitement des combustibles usés) mais des autres corps à vie longue. En l'état actuel des techniques, cette opération devrait produire des déchets peu contaminés par des corps à vie moins longue, assez longue cependant pour nécessiter une forme de stockage profond. Malgré cette réserve, la gestion des déchets à vie longue devrait être rendue beaucoup plus aisée et moins incertaine : la transmutation devrait permettre en principe de ramener la plus grande partie des nuisances, qui s'étendent sur des échelles de temps géologiques, à des échelles de temps « historiques », compatibles avec des durées crédibles de surveillance institutionnelle.
Engagées depuis le début des années 1970 aux États-Unis, les études sur la transmutation n'en sont, pour une large part, qu'au stade conceptuel et sans application industrielle, si ce n'est le monorecyclage d'une partie du plutonium produit dans les réacteurs à eau pressurisée actuels (R.E.P.).
• Données de base
La formation des noyaux radioactifs à l'intérieur des combustibles usés
Les corps à vie longue visés par la transmutation sont créés par interaction des neutrons avec les noyaux lourds (uranium, plutonium) constituant le combustible de départ ou créés lors de son irradiation dans le réacteur. Ils se répartissent suivant deux catégories : les produits de fission et les actinides.
Les premiers sont des fragments de masse atomique comprise entre 80 et 150 environ, qui résultent de la fission induite par un neutron dans un noyau lourd fissile (par exemple uranium 235, plutonium 239 et 241) du combus […]
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