3. Le traitement et les déchets nucléaires
Le fonctionnement des centrales électronucléaires entraîne la production de combustibles irradiés qui contiennent, d'une part, des produits de valeur en matière fissile (uranium, plutonium) utilisables pour alimenter les futures centrales, et, d'autre part, des déchets radioactifs : produits de fission et transuraniens, mais aussi déchets de structure (tête, pied et gaine de l'élément combustible retraité).
En France, à la sortie du réacteur, les combustibles irradiés sont entreposés en piscine pendant quelques mois afin de permettre la décroissance d'une fraction importante de la radioactivité des produits de fission à vie courte. Puis, la majorité d'entre eux (environ les deux tiers aujourd'hui) sont transportés sur le site de l'usine de traitement de la Hague (Manche) afin d'y être traités après un temps de refroidissement complémentaire (de 3 à 5 ans). Les combustibles restants sont entreposés en piscine dans l'attente de décisions industrielles qui dépendent de considérations technico-économiques sur le recyclage du plutonium et de l'uranium et des résultats des recherches sur les déchets à haute activité et à vie longue.
• Les objectifs du traitement
Séparer les divers radionucléides présents dans les combustibles nucléaires usés relève pour l'essentiel d'un double objectif : il s'agit, d'une part, de récupérer, pour les recycler, les éléments valorisables – qui peuvent constituer une proportion essentielle de la matière présente et présenter un potentiel d'énergie significatif – et, d'autre part, de dégager, pour ce que l'on considérera comme le déchet ultime, la ou les solutions qui apparaissent les plus appropriées (en particulier au regard des considérations de sûreté).
Le traitement des combustibles nucléaires usés, tel qu'il est aujourd'hui mis en œuvre en France, procède d'une telle stratégie (fig. 1) : l'extraction et le recyclage du plutonium (sous la forme de combustible Mox, combustible mixte d'oxyde d'uranium et d'oxyde de plutonium) sont aujourd'hui une réalité industrielle, et […]
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