Par le terme de nuance, les Grecs indiquaient les modifications apportées à la division du tétracorde dans les deux genres mélodiques : diatonique et chromatique (l'enharmonique n'en comportant pas). Ainsi distinguait-on le syntono-diatonique et le malako-diatonique ; le toniaïo-chromatique, l'hémiolio-chromatique et le malako-chromatique.
En dynamique musicale actuelle, les nuances désignent les divers mots ou signes indiquant une variation d'intensité d'une note, d'un accord, d'une phrase, etc. En voici les principales : piano (p) ; pianissimo (pp, ppp, pppp) ; mezzo-forte (mf) ; forte (f) ; fortissimo (ff, fff, ffff) ; sforzando (sf), c'est-à-dire accentuation soudaine d'intensité. Crescendo et diminuendo (augmentation ou diminution progressive d'intensité) peuvent être indiqués soit par cresc. ou par dim., ou bien par des signes ressemblant aux symboles mathématiques « inférieur à » (crescendo) et « supérieur à » (decrescendo), très allongés.
Dans la musique contemporaine, la multiplication des nuances atteint parfois les limites de l'exécutable ; ainsi trouve-t-on des suites d'indications opposées, telles que ppp, ff, p, ffff, affectant, dans des tempos très rapides, des notes de valeurs très courtes, se suivant à des intervalles très distants ; entre l'écriture et la réalisation, il est difficile de ne pas constater un hiatus important.
Pierre-Paul LACAS
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