3. Les sources grecques de l'iconologie chrétienne
Hercule, dont le mythe a servi de trait d'union entre le monde antique et le Moyen Âge, se réincarne en Samson, et devient le symbole du bon gouvernement et de l'énergie. Les trois grands tableaux d'Antonio del Pollaiuolo, Les Travaux d'Hercule, dont les Offices possédaient avant 1943 des répliques en miniature, exercèrent une grande influence sur la représentation du nu en action. Quatre légendes grecques au contenu pathétique, le massacre des Niobides, la mort d'un héros – Hector ou Méléagre –, le supplice de Marsyas, le sort de Laocoon, inspirèrent l'iconologie chrétienne. Isaac sacrifié par son père est un Niobide, Donatello traduit l'image de la mort d'un héros ancien en une Pietà (bas-relief au Victoria and Albert Museum), Raphaël s'inspire d'un sarcophage pour son Ensevelissement du Christ (galerie Borghèse, Rome), Michel-Ange développe le Torse du Belvédère comme un thème musical dont il tire une infinité de variations, et représente le Christ ressuscité (dessin à Windsor, Royal Library) comme un danseur dionysiaque. La bacchante reparaît en Salomé. L'évolution de la Néréide est encore plus stupéfiante : elle devient Ève qui sort du flanc d'Adam (Lorenzo Ghiberti, portes du Baptistère de Florence), l'Âme qui monte au ciel, et même la luxure dans un dessin de Pisanello (Albertina, Vienne) et dans Le Triomphe de la Chasteté de Lorenzo Lotto (galerie Pallavicini, Rome).
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