Lorsque l'on compare le ciel avec ce qui se passe sur Terre, on constate que celui-ci semble à peu près immuable alors que les événements sur Terre nous paraissent se dérouler à un rythme échevelé : une étoile comme le Soleil brille avec le même éclat depuis 4,5 milliards d'années et les astrophysiciens prédisent qu'elle doit conserver un aspect à peu près identique pendant encore cinq autres milliards d'années. En comparant ces échelles de temps avec celles de nos propres vies, ces dernières paraissent bien éphémères à côté de l'évolution de la quasi-totalité des étoiles. Cependant, les yeux avertis des astronomes constatent parfois qu'une étoile apparemment tranquille explose brutalement. Dans la nuit du 23 au 24 février 1987, une étoile est ainsi apparue brusquement dans le Grand Nuage de Magellan ; cette supernova, SN 1987 A, a atteint la magnitude visuelle 6,5, malgré sa distance, évaluée à 51,4 kiloparsecs. Les écrits des astronomes chinois relatent l'explosion, encore plus spectaculaire, d'une étoile dans la constellation du Taureau en l'an 1054 de notre ère. Après avoir explosé, cette étoile était si brillante qu'elle demeurait visible en plein jour. Un très petit nombre d'étoiles explosent donc, et le propos de cet article est d'évoquer les caractéristiques et l'intérêt de ces explosions. C'est en effet à partir de certaines de ces explosions qu'une grande partie des éléments chimiques, dont nous sommes nous-mêmes formés, ont été constitués puis dispersés dans le milieu interstellaire avant de se rassembler dans la nébuleuse protosolaire.
Les novae et les supernovae constituent, par l'ensemble de leurs propriétés, deux classes bien distinctes d'astres explosifs que nous allons donc analyser en étudiant successivement leurs propriétés observationnelles et les hypothèses présentées pour rendre compte de ces phénomènes.
1. Les novae
Les novae constituent une classe très disparate d'objets mais elles ont toutes la caractéristique de voir leur luminosité augmenter fortement puis décroître[…]
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