4. Vers un nouveau modèle d'analyse des fluctuations économiques
Au-delà d'un renouvellement des principes de l'intervention publique, la N.E.C. va proposer un cadre d'analyse théorique et quantitatif du cycle économique radicalement différent de celui proposé par les keynésiens. Dans leur article de 1982, Finn Kydland et Edward Prescott (« Time to build and aggregate fluctuations », publié dans Econometrica) suggèrent d'analyser le cycle et la croissance dans le cadre du modèle néo-classique de croissance. Dans ce cadre, ce sont les innovations technologiques qui expliquent la dynamique de court terme de l'activité. La N.E.C. propose alors de tester si ces changements dans les conditions de production ne suffisent pas pour expliquer le cycle économique. Des travaux empiriques permettront de montrer qu'on peut expliquer ainsi jusqu'à 70 p. 100 des fluctuations de la production des États-Unis.
Cette macroéconomie sans monnaie et sans chômage apparaît aux antipodes d'une macroéconomie keynésienne faite d'imperfections de marchés et d'anticipations volatiles et contagieuses qui font fluctuer la demande globale. Pour la N.E.C., les fluctuations économiques de la production et des heures travaillées traduisent les réponses optimales d'agents économiques soumis à un environnement où la technologie de production change et sur lequel le gouvernement n'a pas de prise.
Bien entendu, depuis 1982, de nombreux travaux ont contribué à étendre ce cadre de référence : il est aujourd'hui considéré comme la matrice d'une nouvelle synthèse néo-classique.
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