3. Le Nouveau Réalisme à la conquête du monde
Un festival Nouveau Réaliste est organisé en juillet 1961 à Nice, ville natale d'Arman et de Klein. Y sont proposés, outre une exposition collective, des actions et des spectacles – dont un récital de poèmes phonétiques de Rotella. La même année, des œuvres d'Arman, Dufrêne, Hains, Rotella, Spoerri et Villeglé figurent à l'exposition The Art of Assemblage, présentée au Museum of Modern Art de New York. En octobre 1962, à la suite de contacts établis entre Restany et le marchand Sidney Janis, les nouveaux réalistes participent à l'exposition qu'organise ce dernier dans sa galerie new-yorkaise sous le titre The New Realists. Arman, Christo, Hains, Klein, Rotella, Spoerri et Tinguely y sont confrontés à Jim Dine, Roy Lichtenstein, Claes Oldenburg, Robert Rauschenberg, James Rosenquist, George Segal, Andy Warhol et Tom Wesselmann.
Plutôt que de tirer profit de ce rapprochement avec un prestigieux galeriste américain, Restany persiste à considérer que la « poétique du recyclage » amorcée par ses protégés prévaut sur le « néo-dadaïsme » de leurs émules d'outre-Atlantique. Quelques années plus tard, il accusera la critique américaine, avec une pointe de mépris mêlé d'amertume, de s'être approprié abusivement le concept qu'il avait fondé : « En Amérique, le Nouveau Réalisme est apparu comme un excellent label, venant se superposer aux autres terminologies en usage, le Néo-Dada et le Pop Art, les deux „ vagues“ d'une même génération. Après l'Action Painting, l'Amérique s'est trouvé un second style national : l'American New Realism. »
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