La colline de Fourvière, à Lyon, semble s'opposer à la Croix-Rousse, la colline du travail, celle des canuts. La basilique Notre-Dame, qui la domine, attire l'attention d'abord par ses dimensions imposantes, qui en font une sorte de citadelle de la foi, et par son architecture « triomphaliste » de la fin du xixe siècle, où se mêlent le roman, le gothique, le byzantin et une sorte de style italien du xviie siècle. Baptisé « la maison dorée » à cause de l'exubérance de sa décoration de mosaïques et d'ors, cet édifice n'est pas le véritable lieu sacré de la colline : c'est l'ancienne et modeste chapelle romane de Fourvière qui constitue le centre réel du pèlerinage, avec son clocher surmonté d'une vierge dorée qui tend ses deux mains vers Lyon en signe d'appel.
La dévotion mariale, en effet, n'a pas attendu la construction de la basilique, commencée en 1871, pour s'épanouir sur cette colline, qui fut un des premiers lieux consacrés à ce culte. En 135, arrivait à Lyon l'évêque Pothin, disciple de saint Polycarpe, lui-même ami de l'apôtre saint Jean, qui avait recueilli Marie. Pothin aurait apporté un portrait de la Vierge attribué, comme […]
