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PEUPLE NOTION DE

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2.  Des univers de sens

La première acception, celle de peuple-souverain, semble évidente aujourd'hui par l'effet de naturalisation progressive qu'a provoqué l'expansion de la démocratie. Pourtant, la conception du peuple comme fondateur et acteur principal de l'ordre politique vient pour l'essentiel du Moyen Âge, avant de connaître une première formalisation moderne avec Thomas Hobbes et Jean-Jacques Rousseau. C'est ainsi au Moyen Âge qu'apparaissent des caractéristiques qui vont s'attacher durablement à cette notion, comme l'idée de contrat fondateur de la communauté politique ou celle de souveraineté populaire. Le peuple est notamment le produit paradoxal de courants de pensée qui entendent affirmer et consacrer l'autonomie et la supériorité de l'Église, et qui vont poser le principe de la dualité des sphères spirituelles et temporelles. Au sein de cette sphère temporelle, le peuple est, pour la première fois, désigné comme l'objet légitime du pouvoir et ses liens avec le Prince sont soulignés, dès cette époque, comme l'une des conditions de la légitimité et de la permanence de l'ordre politique.

Plus tard, Hobbes établit le principe fondateur de la souveraineté, en faisant du peuple la fiction fondatrice et nécessaire de l'ordre politique. Tenant compte de la condition humaine, et notamment de l'impératif de conservation de la communauté par elle-même, l'organisation politique repose, selon lui, sur l'affirmation de la multitude en un corps souverain. Or le peuple est précisément cette multitude qui accède à l'existence politique, à la fois condition et vecteur du pouvoir et de l'ordre. Avec Hobbes, c'est donc la fiction d'une entité homogène comme socle de la communauté politique qui est posée. 

Rousseau prolongea et magnifia cette fiction constitutive de l'ordre politique, en l'associant cette fois à l'idée de « volonté générale ». Pour lui, « la volonté générale, qui n'est rien en réalité que la pensée du peuple quand celui-ci pense l'être commun » devient la condit […]

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