« Michel de Nostredame naquit à la ville de Saint-Rémy, presque sur les abois de l'an, de Jacques (Jaume) et de Renée de Saint-Rémy... » En cela, César, fils aîné de Michel de Nostredame, est exact. Il l'est moins quand, au fil de son Histoire et chronique de Provence (1614), il gomme de sa généalogie toute ascendance juive. De l'aïeul Gassonet, commerçant en Avignon, qui, en 1463, se convertissait en « nouveau chrétien » et passait à la sécurité — toute relative d'ailleurs — sous le nom de Pierre de Nostredame, il fait un « fameux et docte médecin ». En foi de quoi la postérité entérinera une lignée dans cette profession. Légende et histoire vont ici de pair. De la seconde on peut tenir que Michel de Nostredame va d'Avignon à Montpellier pour y entreprendre sa médecine, jusqu'à ce que l'épidémie qui se déclare en 1526 dans le Languedoc, « la province la plus pestueuse du royaume », le conduise pendant plusieurs années (il se réinscrit à Montpellier en 1530) à pratiquer son art sur le terrain avant de recevoir le bonnet. On le trouve ensuite à Agen : il s'y marie et fréquente Jules César Scaliger. C'est l'époque où ce dernier s'en prend à Érasme et aussi celle où il com […]
