5. L'avenir du Nord serait-il au nord ?
La région a conservé quelques atouts traditionnels, comme la fécondité et la jeunesse de sa population – qui la classent aux premiers rangs européens – ou un certain attachement au travail et à l'industrie. Elle dispose en outre maintenant d'un potentiel de formation remarquable avec une gamme étendue de grandes écoles et d'instituts universitaires de technologie, sept universités et leurs laboratoires de recherche. Elle possède les capacités logistiques internationales demandées par les entreprises en matière de transports, communications, informations, réseaux de services, conseils et finances. Elle a appris à valoriser ses sites naturels, ses immenses plages et ses paysages, son patrimoine monumental et culturel considérable, ses musées exceptionnels (notamment le palais des Beaux-Arts de Lille), l'animation festive et commerciale de ses villes. De région dépréciée, elle est devenue région touristique, mais ses voisins étrangers semblent avoir été plus vite séduits par son renouveau que les Français. La fréquentation européenne en témoigne : Lille n'est-elle pas devenue la première destination de week-end des Anglais en Europe ? Rien d'étonnant, donc, à ce que la région attende beaucoup de la formidable ouverture qu'offrent le tunnel sous la Manche, le carrefour T.G.V. international de Lille et le raccordement des autoroutes françaises au réseau belge. Pour mieux en bénéficier, elle s'est lancée dans de grands projets d'accompagnement (à Lille, à Calais, à Valenciennes...) et dans de véritables politiques transfrontalières. Elle est déjà la première région française (hormis l'Île-de-France) pour les investissements internationaux (en premier lieu américains) et celle qui vit le plus en symbiose avec les régions étrangères limitrophes.
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