La vie musicale suisse est d'une extraordinaire richesse mais les compositeurs de la Confédération helvétique tardent souvent à connaître la notoriété internationale. Il en est ainsi de Norbert Moret, créateur engagé dans une voie étroite et solitaire, dont il ne faut sans doute pas attendre de descendance, mais dont l'œuvre mérite de sortir du purgatoire où elle demeure enfermée, malgré l'action de ses compatriotes Paul Sacher et Heinrich Sutermeister.
Norbert Moret naît à Ménières, village de la Haute-Broye fribourgeoise, le 20 novembre 1921. Au Conservatoire de Fribourg, il étudie le piano, l'orgue, la composition, découvre le chant grégorien et Jean-Sébastien Bach. En 1948, alors que résonnent les premiers bruits apprivoisés de la musique concrète, il part pour Paris, où il va travailler jusqu'en 1950 avec Olivier Messiaen, Arthur Honegger et René Leibowitz. En 1950 et 1951, il bénéficie d'une bourse afin de se perfectionner à Vienne dans l'art de la direction d'orchestre auprès de Wilhelm Furtwängler et de Clemens Krauss. Il regagne ensuite Fribourg, où il vivra jusqu'à sa mort, le 17 novembre 1998. Il sera professeur de musique instrumentale à l'École normale cantona […]
